Luis Bruni & Pascale Coquigny  Luis Bruni et Pascale Coquigny




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Les piliers du tango

On pourrait dire que les différents styles de tango sont nés dans trois endroits, le mouvement ayant acquis sa personnalité en s’imprégnant de chaque environnement.

Personnalité et esprit sont ce qu’on appelle le « style », style qui peut s’exprimer d’un millier de façons. Ce sont ces différences qui font la richesse du tango bien qu’elles soient également un sujet de polémique. Mais en termes de développement, les trois piliers du tango sont là :

Le tango est né dans les faubourgs, il s’est diffusé à travers le théâtre et il s’est stylisé dans les salons de danse...

Les faubourgs - La Orilla

C’est dans l’orilla du Rio de la Plata que l’on rencontre l’essence même du tango. Les mouvements des jambes et du corps hérités des danseurs noirs de candombe, ajoutés à l’attitude arrogante encouragée par le métissage des orillas, forment le moule même de ce que nous appelons aujourd’hui le tango. Un exemple des styles issus des orillas est le tango canyengue, modèle de départ des tangos qui suivront. Attention de ne pas confondre le canyengue avec le tango orillero (tango de la vieille garde des faubourgs). Le pur canyengue vient du tango dansé par les noirs. On pourrait dire que tous les tangos dansés dans les faubourgs avant les années 40 avaient une touche canyengue. Un autre exemple du style de las orillas est le « tango con corte » dont Carmencita Calderón et El Pibe Palermo sont quelques-uns des derniers représentants. Les clubs de quartier furent le lieu fondamental de l’ultime étape de l’évolution du tango des faubourgs. Chaque quartier avait son style bien défini, Villa Urquiza, Deboto, Saavedra, Pompeya, Avellaneda... Il faut savoir que le « tango fantaisie » naît lui aussi dans les clubs de quartier et reste l’un des styles préférés des danseurs de scène.

Le théâtre

Dans les années 1880 à Buenos Aires, le tango, danse marginale et interdite, arrive au théâtre pour la première fois. Il se présente sous le nom de « milonga » et cette présentation est la clé du succès vers moins de marginalisation. Il est important de ne pas confondre le « tango de scène » qui existe pratiquement depuis que le tango est tango avec le « tango fantaisie ». Le tango de scène est la représentation de cette danse sur scène, quel que soit le style... du mythique Cachafaz jusqu’à la fameuse compagnie Tango Argentino, en passant plus tard par Tango por Dos, pour arriver aujourd’hui à Tango Forever et Tango Pasion.

Le salon

En 1900, les jeunes de la haute société argentine sont séduits par le tango et lui ouvrent les portes des salons européens. Depuis Paris, le tango se diffuse dans le monde, son entrée dans les salons lui ayant donné la stylisation nécessaire pour être accepté par toute la société argentine.

Au début du siècle, on danse dans ces salons le « tango liso » (caractérisé par l’élégance et le suivi de la mesure). Quand les classes populaires pénètrent enfin les salons, le tango s’enrichit, les figures des orillas se raffinent annonçant une nouvelle étape du développement du tango. Le « tango del centro » (du centre), dansé dans des lieux plus confinés, jouent avec la rétention des mouvements et les longues pauses. Les mouvements déplacés et énergiques nés dans les amples clubs de quartier se transforment pour s’adapter à l’espace réduit qu’offrent ces salons. L’autre forme de « tango salon » est le « tango milonguero », basé sur des mouvements rythmiques et un air de milonga. Ces deux types de tango, avec un abrazo bien fermé, sont des exemples parmi tant d’autres de la façon de danser dans le centre de Buenos Aires.

Avec le temps tout change. Les faubourgs d’hier ont peu de choses à voir avec les faubourgs d’aujourd’hui. Et pourtant. On entend encore, plus vivants que jamais, les tambours et les cymbales de la murga qui font renaître du passé milongas et candombes. Les salons ont changé... et comment ! Les jeunes ont renouvelé l’atmosphère. Les amants du tango viennent du monde entier. Et le théâtre, comme depuis plus de cent ans, continue de présenter au monde cet univers, toujours marginal, qu’est le tango.

Photos : Niels Stoltenborg
Article publié dans le n°12 d’« El Farolito », 2004

Luis Bruni

 

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