Luis Bruni & Pascale Coquigny  Luis Bruni et Pascale Coquigny




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Explore Dance (USA)

Roberta E. Zlokower a réalisé une interview de Luis Bruni et Pascale Coquigny pour le site ExploreDance.com de New York. 18 novembre 2002 (traduction).

Pascale Coquigny et Luis Bruni habitent à Paris. Ils sont connus dans le monde entier comme danseurs et professeurs de tango argentin. Ils animent des stages captivants à Paris, aux États-Unis, à l’étranger. Pascale et Luis sont le sujet de cette « Inside Perspective ».

Roberta E. Zlokower - Pascale, parlez-moi de votre passé, grandir à Paris.
Pascale Coquigny - J’ai grandi dans une toute petite ville au Nord de Paris. Il y avait toujours de la musique et de la danse à la maison. Les dimanches matin quand mes sœurs et moi voulions dormir, mon père mettait la Neuvième Symphonie de Beethoven à fond ! Toute la famille aime danser. J’ai pris différents cours de danse du classique à la danse africaine dès que je pouvais. Quand j’ai fini l’école j’ai quitté la France pour vivre à l’étranger. Le plus drôle c’est que je ne pensais pas que je reviendrais 18 ans plus tard. C’est le tango qui m’a ramené.

Roberta E. Zlokower - Comment vous êtes-vous formée comme danseuse ?
Pascale Coquigny - Quand je suis partie vivre à Buenos Aires, j’ai dit à tous mes amis que je ne voulais pas rencontrer d’argentin et encore moins de danseur. Dix jours après je rencontrais Luis et grâce à lui j’ai rencontré Graciela Gonzalez, Pupy Castello, Tete, Martha Anton, Manolo, el Pibe Palermo et bien d’autres danseurs. Mais vraiment Luis est celui qui m’a le plus enseigné. Sa passion n’a pas de limite. Vivre avec Luis c’est comme baigner dans le tango 24 heures sur 24. Il y a tellement à apprendre. Il m’a toujours inclus dans ses recherches avec les vieux maîtres, partageant généreusement ses connaissances de la danse tout en me donnant l’opportunité de m’exprimer dans la danse. Je suis fière et j’ai de la chance de pouvoir travailler et grandir avec Luis.

Roberta E. Zlokower - Quelles étaient vos premières expériences de tango ? Représentations ?
Pascale Coquigny - J’ai commencé le tango en 1990 au Canada. J’étais d’abord très impliquée dans la salsa et pendant un certain temps j’ai pu combiner les deux, mais très vite le tango a pris le dessus dans ma vie. Et danser à Toronto n’était plus suffisant, alors je partais à Montréal tous les week-ends lorsque que je le pouvais. Mais 12 heures de voiture tous les week-ends pour se rendre sur une piste de danse n’étaient pas vraiment l’idéal. J’ai réussi à aller à Buenos Aires plusieurs fois pour quelques mois à chaque fois. Un jour, j’ai réalisé que j’étais vraiment frustrée dans le milieu tango dans lequel je vivais et voilà ! L’excuse parfaite pour déménager à Buenos Aires et avoir autant de tango que je désirais avec en plus les meilleurs professeurs.
Je devrais mentionner ma fabuleuse expérience avec l’enseignement du tango aux enfants. C’est incroyable comment ils étaient passionnés. Ensemble nous avons fait plusieurs présentations publiques qui ont été extrêmement bien reçues. La dernière impliquait la communauté de tango de Toronto. Je me souviens d’un petit garçon qui voulait devenir danseur de tango professionnel et d’une petite fille qui m’avait demandé : « Est-ce que je suis assez grande pour faire du tango ? » Elle avait 7 ans.

Roberta E. Zlokower - Luis, parlez-moi de votre passé, grandir en Argentine.
Luis Bruni - Je suis de quatrième génération argentine de descendance espagnole, italienne et croatre. Je suis né à La Plata et grandi en plein centre de Buenos Aires. J’ai toujours été dans un environnement artistique puisque mes parents sont tous deux acteurs.
J’ai étudié et travaillé dans la danse classique pendant 15 ans comme danseur dans les deux théâtres les plus importants d’Argentine : le Théâtre Colon et le Théâtre Argentin de la Plata, où j’ai dansé avec les plus célèbres danseurs du monde, tels : Maia Plissetskaia, Estela Erman, Julio Bocca (étoile du American Ballet Theatre), Maximilio Guerra (London Ballet Theatre), Iniaqui Urlenzaga (London Royal Ballet Theatre), Ludmila Semeniaka, et des chorégraphes de première ligne internationale tels : Oscar Arais, le maître français et chorégraphe Joseph Lazzini, qui est si content de voir que j’utilise sa technique de travail corporel pour danseurs de tango.

Roberta E. Zlokower - Luis, comment vous êtes-vous formé comme danseur de tango ? Qui vous a influencé, musique, danseurs, partenaires, etc. ?
Luis Bruni - Il y a vraiment tout un monde entre danser Le lac des Cygnes et aller à la milonga. D’abord comprendre « l’essence ». Mon premier travail en tango était en 1987. C’était pour un spectacle de Jorge Donn (Premier danseur de Béjart). J’avais 17 ans, et les danseurs comme Giselle Anne, Alejandra Aquino, Nora Robles (ma partenaire à l’époque) et Pedro Calvera faisaient aussi partis du spectacle. Tous ont continué une brillante carrière en tango, pendant que de mon côté je me suis dédié au classique. Alors que je parcourais le monde comme danseur classique souvent on me demandait : « Comment ce fait-il que tu sois argentin et que tu ne danses pas le tango ? ». Ma seule expérience à l’époque était du tango chorégraphié, pas le tango de la milonga. En 1993, après avoir terminé une superbe tournée en Europe, je décidais de m’y intéresser. Comme la plupart des gens, j’ai été pris. Ce qui était très difficile de combiner avec ma carrière de danseur classique. J’allais à la milonga jusqu’au petit matin. Ma carrière en a vraiment souffert et j’ai commencé à prendre du poids. En 2000, je décidais de faire le grand pas et j’ai pris une année sabbatique au théâtre et je ne suis jamais retourné au classique.

Roberta E. Zlokower - Comment vous êtes-vous rencontrés ? Quelle est l’histoire de votre relation en danse ?
Luis Bruni - Nous nous sommes rencontrés dans la célèbre milonga « Niño Bien », Pascale venait d’emménager à Buenos Aires et nous n’avions jamais imaginé de devenir partenaires professionels de danse. C’est arrivé spontanément. Au fur et à mesure que Pascale progressait elle m’a graduellement rejoint dans différents travails. Quand nous sommes arrivés à Paris nous nous sommes officiellement présentés comme partenaires.

Roberta E. Zlokower - Où vous êtes-vous produits ? Où enseignez-vous ? Ateliers, cours, etc. ?
Pascale Coquigny - Il y a tout juste un an nous avons donné nos premières représentations ensemble à Montréal, Toronto et Détroit. Maintenant nous nous produisons et enseignons surtout en Europe. Pendant la semaine nous avons nos cours réguliers à Paris et aussi tous les deuxièmes dimanche du mois des ateliers ; nous sommes très contents car c’est un vrai succès. La milonga Traspie, la musicalité, et évidemment la Technique de saut sont un vrai succès ! L’été dernier nous sommes retournés en Amérique du Nord où nous avons enseigné pendant un mois à la « Tango Boston Society », et nous avons fait une petite apparition à New York où vous nous avez vu en action.

Roberta E. Zlokower - Quels sont vos projets pour cette année ? Et pour les années à venir ?
Pascale Coquigny - Pour le moment nous sommes contents d’avoir pris Paris comme base. Vraiment c’est proche de tout si vous y pensez. C’est seulement à 6 heures de New York. Nous pensons revenir régulièrement en Amérique du Nord et pourquoi pas par exemple vivre six mois dans chaque continent ! Géographiquement nous sommes encore incertains et ouverts aux options qui pourraient se présenter. Notre priorité pour le moment est de continuer les projets pour promouvoir notre technique d’enseignement ; continuer la recherche et sauvegarder le « matériel » des derniers maîtres.

Roberta E. Zlokower - Quelle est l’essence de votre tango et celle de votre méthode d’enseignement ?
Pascale Coquigny - L’essence de notre tango est dans sa simplicité et la douceur de nos mouvements. Dans notre démonstration nous montrons un tango intime et naturel, qui est accessible à tous les danseurs qui sont prêts à prendre leur partenaire dans leurs bras avec leur cœur.
Notre point fort c’est la pédagogie, notre attention personnelle aux étudiants. Notre travail est basé sur la connaissance du corps, les structures de la danse aussi bien que son contexte historique, la créativité et surtout la sensibilité vers la musique et mon partenaire. Nous enseignons le tango, comme une « culture », pas juste comme une séquence de pas.

Roberta E. Zlokower - Quels sont vos compositeurs de tango préférés ? Chansons, orchestres préférés ? Sur quelles musiques préférez-vous danser ?
Luis Bruni - C’est difficile de choisir car j’aime vraiment tous les tangos de la Vieille Guarde à Piazzolla, mais çà serait les orchestres des années 40 comme d’Arienzo, D’Agostino avec Vargas, Tanturi avec Campos, et, en haut de la liste Albert Castillo et Di Sarli.
Pascale Coquigny - Je préfère les orchestres qui jouent les rythmes et mélodies comme Troilo, Tanturi/Castillo, et d’Arienzo avec Echague. Leurs musiques me permettent d’ajouter ma touche personnelle à travers les fioritures sans interrompre ce que mon partenaire veut faire passer.

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